#27 (6 au 12 juil)

être en vacance

Vacance. Non, ce n’est pas une faute de frappe. Etre vacant, du latin vacare, être vide, inoccupé. Une place vacante, c’est-à-dire libre, disponible. Cela nous arrive parfois dans les interstices de notre agenda, à un feu rouge qui dure, en sirotant une bière, en contemplation le vol majestueux d’un goéland au-dessus de la ville, quand on est “perdu dans nos pensées”. Ici le temps n’a plus de bord, rien ne frotte, ne vient encombrer notre espace mental (mince, il faut que j’envoie ce mail dans une heure ! Qui s’occupe du dossier #bigdata ?). Dans cet espace mental sans barrière, sans échéance, même boire une bière n’a pas la même saveur. Le vide est jouissif.

Cette vacuité, cette absence au monde, loin d’être un manque, est plénitude. Sans pensées, on flotte dans un sentiment d’abondance : on regorge de soi, de sensations floues, de liberté… Hélas, ce ne sont que des bribes chippées au grand Flux.

Déjà, le klaxon du furieux qui nous suit nous rappelle à l’ordre et on se prend à rêver d’additionner ces instants suspendus : 1 + 1 + 1 + 1… Traduisons : on a besoin de vacances !

Car quand elles passent du singulier au pluriel, les vacances multiplient notre vacance, se remplissent magiquement : de repos, de détente, de bien-être, de farniente, de gens (sur les autoroutes, les pistes, les stations…)… bref, de joie.

 

Qu’est-ce qui est vacant en nous quand nous sommes en vacances ? Voilà un bon devoir de vacances !

 

••• ///// ALLEZ, inspirez, soufflez, soyez vacants, soyez ió !

••• deux voyelles brillantes contre la lourdeur des consonnes

 

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je l’ai repérée !
sur la plage, abandonnée
une méduse

photo©mert-kahveci / unsplash